
Afrique : L'armée ougandaise aide le Soudan du Sud à combattre les rebelles tandis que l'ONU met en garde contre des crimes de guerre.
Amériques : Les troupes fédérales affrontent des gangs et des groupes d'autodéfense pour le contrôle de l'État mexicain de Michoacán.
Asie et Pacifique : Le Japon réfute les rumeurs selon lesquelles le président Shinzo Abe chercherait à réviser les manuels d'histoire.
Europe : L'Ukraine adopte une loi anti-manifestation visant à endiguer les manifestations antigouvernementales en cours.
Moyen-Orient : Les Égyptiens votent pour la première fois depuis la destitution de Mohammed Morsi par l'armée.
Régions polaires : La nouvelle stratégie de la marine américaine pour l'Arctique prévoit davantage de brise-glaces.
Afrique
L'armée ougandaise aide le Soudan du Sud à combattre les rebelles alors que l'ONU met en garde contre les crimes de guerre
L'Ouganda a publié une déclaration selon laquelle ses forces aident l'armée sud-soudanaise dans sa lutte contre les rebelles. Le 15 janvier, le président ougandais Yoweri Museveni a admis pour la première fois avoir aidé le président sud-soudanais Salva Kiir à combattre les rebelles. Museveni a déclaré que les soldats ougandais avaient contribué à vaincre les forces rebelles à l'extérieur de Juba le 13 janvier. Le 16 janvier, le porte-parole militaire ougandais, le lieutenant-colonel Paddy Ankunda, a annoncé que les troupes ougandaises étaient engagées dans des efforts visant à chasser les forces rebelles de Bor, une ville d'importance stratégique proche de la capitale, Juba.
Les déclarations de Kampala marquent la première reconnaissance de l'implication ougandaise dans le conflit sud-soudanais, après de précédents démentis et déclarations officielles selon lesquelles il s'agissait uniquement d'aider à l'évacuation des civils. Les combats ont commencé comme une lutte de pouvoir entre Kiir et son ancien adjoint, Riek Machar, qui dirige désormais les forces rebelles après avoir été accusé d'avoir planifié un coup d'État. L’implication ouverte d’une force extérieure risque d’aggraver davantage le conflit et soulève de nouvelles inquiétudes quant aux implications régionales du conflit. D’autres acteurs sont susceptibles de s’impliquer s’ils estiment que leurs intérêts sont en jeu, ce qui pourrait conduire à des confrontations par procuration.
Le 17 janvier, les Nations Unies ont déclaré qu'elles disposaient de preuves de l'utilisation d'enfants soldats et de crimes de guerre commis par les deux parties au conflit. Pendant ce temps, les négociations de paix se poursuivent en Éthiopie. Addis-Abeba avait précédemment déclaré que l'engagement de troupes extérieures au Soudan du Sud serait « absolument injustifié ». Alors que les troupes sud-soudanaises poursuivaient leur progression vers Bor, les médiateurs ont rencontré le chef rebelle Machar dans le but de faire avancer les négociations de cessez-le-feu.
Autres développements
Le président par intérim de la République centrafricaine (RCA), Alexandre-Ferdinand Nguendet, a déclaré que « la fête est finie » alors que les déserteurs reprenaient du service. Le 13 janvier, M. Nguendet avait promis que les semaines d'anarchie et de violences sectaires prendraient rapidement fin, lançant des avertissements aux belligérants, la Séléka, à majorité musulmane, et les combattants chrétiens anti-Balaka. La veille, les belligérants avaient conclu une trêve à Bangui-Sud, dans l'espoir d'une période de calme pour l'ensemble du pays. Avec 1 000 morts rien que le mois dernier et un cinquième de la population déplacée par les violences, malgré l'intervention française et africaine, le Parlement provisoire de M. Nguendet doit désormais stabiliser la situation et trouver un nouveau président de transition. Les États-Unis, quant à eux, ont indiqué qu'un renforcement des forces de maintien de la paix internationales pourrait être nécessaire pour améliorer la situation en RCA.
Le procès de quatre hommes accusés d'avoir aidé des militants liés à Al-Qaïda lors de l'attaque du centre commercial Westgate s'est ouvert au Kenya . Les quatre hommes, qui ont comparu devant le tribunal le 15 janvier, nient tous les accusations d'usage de faux documents et d'avoir fourni soutien et abri aux assaillants qui ont tué au moins 67 personnes lors de l'attaque du centre commercial de Nairobi le 21 septembre 2013. Tous les assaillants sont morts dans l'attaque, revendiquée par le groupe rebelle islamiste somalien Al-Shabaab, ce qui souligne la capacité du groupe à frapper hors de Somalie.
Le président nigérian Goodluck Jonathan a limogé les chefs militaires après qu'un tribunal a jugé leurs nominations inconstitutionnelles. Le 16 janvier, son cabinet a annoncé le remplacement des commandants de l'armée de terre, de la marine et de l'armée de l'air nigérianes, alors que le pays entame sa quatrième année de conflit avec Boko Haram. L'année précédente, l'avocat des droits de l'homme Festus Keyamo avait contesté ces nominations, arguant qu'elles n'avaient pas été approuvées par l'Assemblée nationale. En juillet, la Haute Cour d'Abuja a déclaré ces nominations inconstitutionnelles. Les opérations militaires contre Boko Haram se poursuivent, avec des affrontements fréquents, notamment dans l'État de Borno, au nord-est du pays. Le 15 janvier, un attentat à la voiture piégée a fait au moins 29 morts à Maiduguri, un important théâtre des combats.
Sur le radar
- Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra des consultations sur l'opération conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD) et sur les sanctions contre la République démocratique du Congo.
- Madagascar se prépare aux manifestations de l’opposition après que le tribunal électoral ait officiellement déclaré Hery Rajaonarimampianina président élu parmi les accusations de fraude électorale.
Les Amériques
Les troupes fédérales se battent contre les gangs et les justiciers pour le contrôle de l'État mexicain du Michoacán
Le 10 janvier, le gouverneur du Michoacán, Fausto Vallejo, a demandé l'aide du gouvernement fédéral pour répondre à une crise sécuritaire dans l'État. Cela fait suite à une récente vague de violence au cours de laquelle des hommes armés masqués ont pillé et incendié des magasins et le principal bâtiment municipal du district d'Apatzingán. L’État du Michoacán est devenu le théâtre d’affrontements réguliers entre le cartel des Templiers et des groupes d’autodéfense. En réponse aux événements de la semaine dernière, le président Enrique Peña Nieto a annoncé le déploiement de troupes fédérales pour rétablir l'ordre dans l'État. Il a averti que toute personne surprise en possession d'une arme serait punie conformément à la loi. Toutefois, les milices civiles ont refusé de se rendre dans certains districts malgré l'exigence du gouvernement.
La montée de la violence dans le Michoacán démontre les limites de la politique sécuritaire de Peña Nieto. C’est dans le même État que l’ancien président Felipe Calderón a lancé pour la première fois, sans succès, sa guerre contre la drogue en 2007, déclenchant des violences au cours desquelles jusqu’à 80,000 2012 personnes seraient mortes. Lors de sa campagne électorale en décembre XNUMX, Peña Nieto avait promis d'adopter une nouvelle approche face aux cartels de la drogue dans le pays. Cela s’est traduit par une diminution globale du nombre de troupes fédérales déployées. Mais avec le retrait des troupes, les cartels de la drogue ont profité de la situation pour étendre leurs opérations. C’est dans ce contexte que des milices civiles ont émergé en réponse à la présence accrue du cartel des Templiers dans l’État du Michoacán. Jusqu’à récemment, ces groupes bénéficiaient du soutien implicite du gouvernement, qui les utilisait pour mener une guerre par procuration contre les cartels. Cependant, à mesure que les groupes d’autodéfense commençaient à s’emparer de quartiers entiers, il est devenu clair qu’une telle stratégie comportait de nombreux risques.
Dans le climat actuel, de nombreux villages reculés dépendent exclusivement des milices pour leur sécurité. Le chef autoproclamé des milices, José Manue Mireles, a annoncé que ses hommes ne rendraient pas les armes tant que les trafiquants de drogue n'auraient pas été arrêtés. Pour Peña Nieto, ces violences arrivent à un mauvais moment, alors que le pays cherche à attirer des investissements dans son secteur énergétique nouvellement libéralisé. En outre, le pays doit accueillir le président américain Barack Obama et le premier ministre canadien Stephen Harper pour un sommet commercial le mois prochain.
Autres développements
Une série de meurtres au Brésil soulève des inquiétudes quant à l'intégrité des forces de sécurité du pays. Le soir du 12 janvier, douze personnes ont été assassinées à Campinas, dans l'État de São Paulo. Le lendemain, le 13 janvier, des bus et des voitures ont été incendiés dans le même secteur. Les douze meurtres présentaient des caractéristiques similaires et se sont produits en l'espace de trois heures. Les armes utilisées étaient du même calibre que celles employées par la police militaire, ce qui laisse supposer une riposte de la part des forces de l'ordre. Une enquête est en cours. Ces meurtres viennent s'ajouter aux préoccupations sécuritaires persistantes concernant la capacité de la police nationale à assurer la sécurité de la Coupe du monde de football de 2014 et des Jeux olympiques de 2016.
Le 13 janvier, un tribunal colombien a suspendu provisoirement la destitution du maire de Bogotá, Gustavo Petro, une décision controversée. Début décembre, l'inspecteur général Alejandro Ordóñez avait ordonné cette destitution pour mauvaise gestion présumée du système de collecte des ordures et l'avait interdit d'exercer toute fonction publique pendant 15 ans. Depuis des semaines, des milliers de sympathisants manifestent sur la place Bolívar à Bogotá pour protester contre ce limogeage. Ancien membre du groupe de guérilla M-19, Gustavo Petro est une figure emblématique de la gauche colombienne. Il est également cité en exemple pour la réintégration possible des anciens rebelles dans le processus politique. La décision du tribunal devrait avoir un impact positif sur les négociations de paix en cours entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
La République dominicaine a suspendu les expulsions de ressortissants haïtiens sans papiers. Le 17 janvier, le gouvernement dominicain a annoncé la suspension des expulsions de descendants d'Haïtiens. Cette décision fait suite à un jugement controversé du 23 septembre 2013 qui a déchu de leur nationalité les descendants de migrants haïtiens, touchant environ 200 000 Dominicains et exacerbant les tensions entre les deux pays. Cette annonce devrait contribuer à apaiser les relations bilatérales.
Sur le radar
- De grandes foules de jeunes urbains issus de milieux défavorisés ont inondé les centres commerciaux des grandes villes du Brésil. Les flash mobs, connus sous le nom de « rolezinhos », devraient se poursuivre au moins jusqu'au 15 février.
- Le 27 janvier, la Cour internationale de Justice doit se prononcer sur un différend frontalier maritime entre le Pérou et le Chili.
- La présidente brésilienne Dilma Rousseff et son homologue mexicain Enrique Peña Nieto participeront au sommet de Davos du 22 au 25 janvier.
- Les troubles en République dominicaine dus aux grèves de fermeture liées au projet d'augmentation de la taxe de vente devraient se poursuivre jusqu'au 31 janvier.
Asie et Pacifique
Le Japon réfute les rumeurs selon lesquelles le président Shinzo Abe chercherait à réviser les manuels d'histoire
Alors que les tensions montent à nouveau avec la Chine, le ministre japonais des Affaires étrangères Fumio Kishida a réfuté les rumeurs selon lesquelles l'administration de Shinzo Abe chercherait à réviser les manuels d'histoire pour afficher une perspective historique pro-japonaise. Cette déclaration, faite lors d'une conférence de presse le 17 janvier, contribuera dans une certaine mesure à apaiser les soupçons et les inquiétudes du ministère chinois des Affaires étrangères. Cela suggère qu'Abe, bien qu'il cherche à réécrire la constitution pacifiste du Japon, ne contredira pas ses prédécesseurs qui ont reconnu les souffrances et les dommages causés par le Japon dans le passé.
La Chine rappelle constamment au monde le massacre de Nanjing en 1937, au cours duquel 300,000 XNUMX personnes auraient été assassinées par les troupes japonaises dans la capitale chinoise de l'époque. Au Japon, de nombreux conservateurs radicaux nient ces événements et ces chiffres, et la position du Parti libéral-démocrate d'Abe est que ces récits sont biaisés. Cela a évidemment suscité la colère des Chinois, et la visite controversée d'Abe au sanctuaire de guerre de Yasukuni, qui rend hommage aux criminels de guerre parmi ses morts, a été considérée comme délibérément incendiaire à une époque où les îles contestées Senkaku/Diaoyu dans la mer de Chine orientale ont fait l'objet de controverses. beaucoup de rhétorique politique.
Abe s’est effectivement présenté comme un leader fort, décisif et pragmatique. En utilisant le symbolisme du sanctuaire Yasukuni, il a réussi à rallier des politiciens nationalistes et conservateurs à adopter une politique plus agressive contre l'affirmation croissante de la Chine. Dans le même temps, bien qu’Abe ne soit manifestement pas satisfait de la perspective chinoise des récits, il n’a pas catégoriquement nié la perspective historique chinoise des événements de Nanjing. Ce faisant, des conflits excessifs et inutiles ont été évités et il a montré qu’il ne céderait pas complètement aux pressions des membres de son parti nationaliste. Cependant, les différends en mer de Chine méridionale perdurent et la reconnaissance par Abe des crimes de guerre du Japon ne doit pas être considérée comme une position moins affirmée.
Autres développements
Une explosion de grenade survenue le 17 janvier lors d'un rassemblement antigouvernemental à Bangkok a fait un mort et plus de 35 blessés. Ce bilan porte à neuf le nombre total de morts depuis le début des manifestations en novembre. Les manifestants réclament la démission de la Première ministre Yingluck Shinawatra et prévoient de boycotter les élections du 2 février. Les manifestants issus des classes moyennes craignent que leurs voix ne soient étouffées par les partisans de Shinawatra, issus des classes populaires, et ont donc opté pour des manifestations de masse. Ces manifestations ont provoqué de graves perturbations à Bangkok et les manifestants refusent de quitter les lieux tant que Shinawatra n'aura pas démissionné.
L'Indonésie a dénoncé les incursions navales accidentelles de l'Australie dans ses eaux territoriales, les qualifiant de « violation de sa souveraineté ». Le ministre australien de l'Immigration, Scott Morrison, a déclaré que ces violations n'avaient pas été autorisées par le gouvernement et que l'Australie prenait au sérieux l'engagement commun de « respecter la souveraineté de chaque nation ». La marine australienne a invoqué des erreurs de positionnement. Les relations entre l'Indonésie et l'Australie sont tendues, l'Indonésie servant de point de transit pour les demandeurs d'asile se dirigeant vers l'île Christmas, en Australie. Le Premier ministre australien, Tony Abbott, est sous le feu des critiques aux Nations Unies suite à sa politique anti-immigration qui a entraîné le refoulement de bateaux vers l'Indonésie.
La police chinoise aurait arrêté Ilham Tohti, universitaire ouïghour réputé pour ses prises de position et ses critiques à l'égard de la politique ethnique de Pékin. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei, a déclaré que M. Tohti était soupçonné d'avoir « commis des crimes et enfreint la loi ». Le niveau de sécurité et d'alerte a été renforcé au Xinjiang, région qui abrite neuf millions d'Ouïghours, suite aux événements de la place Tiananmen en octobre 2013, qui ont fait cinq morts et que Pékin attribue à des séparatistes ouïghours. L'arrestation de M. Tohti est le dernier signe en date d'un durcissement de la position chinoise à l'égard du Xinjiang.
Sur le radar
- La commission anti-corruption thaïlandaise enquête sur le Premier ministre Yingluck Shinawatra dans le cadre d'un programme gouvernemental controversé de subvention du riz.
- Le procès de Xu Zhiyong, fondateur du Mouvement des nouveaux citoyens et fervent défenseur des droits civiques, s'ouvrira en Chine le 22 janvier.
- Le Sommet des ministres des Affaires étrangères de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est aura lieu à Bagan, au Myanmar, du 22 au 26 janvier.
- Khaleda Zia, la chef du parti nationaliste du Bangladesh, organisera des marches nationales le 20 janvier pour réclamer un nouveau scrutin.
- Le parti d'opposition pakistanais Awami Tehreek a appelé à des manifestations à l'échelle nationale dans les prochains jours.
Europe
L'Ukraine adopte une loi anti-manifestation visant à freiner les manifestations antigouvernementales en cours
Le 16 janvier, les députés ukrainiens fidèles au président Viktor Ianoukovitch ont adopté des lois anti-manifestations, visant à freiner les récentes manifestations antigouvernementales en cours. Parmi ceux qui ont voté pour la motion figuraient des membres du Parti des régions au pouvoir, des membres du Parti communiste et un certain nombre d'électeurs indépendants. Le vote s'est déroulé selon la méthode inhabituelle du « vote à la main », plutôt que par le vote électronique traditionnel, et les lois ont été soutenues par 235 politiciens sur 450. L'opposition a fait valoir que cela était illégal et craint que la nouvelle législation ne permette au gouvernement de les poursuivre en justice et de briser le mouvement de protestation. Ils ont appelé à une nouvelle vague de protestations.
L'une des nouvelles lois interdit toute installation non autorisée de scènes, d'amplificateurs ou de tentes dans les espaces publics et les suspects seront condamnés à une amende ou arrêtés. Suite aux manifestations de l'opposition ces derniers jours devant les bureaux du gouvernement, y compris la résidence de campagne du président, la loi a également interdit les manifestations impliquant plus de cinq véhicules pour bloquer des bâtiments, les contrevenants étant passibles de cinq ans de prison. L’autre nouvelle loi interdit la calomnie sur les représentants du gouvernement (y compris sur Internet), et les personnes reconnues coupables seront passibles d’un an de travaux correctifs. Les trois principaux partis ont affirmé que la décision du gouvernement de voter à la main était illégale et que ce changement avait été effectué après que le gouvernement s'est rendu compte qu'il n'avait pas suffisamment de partisans. L'opposition a tenté de perturber le vote en bloquant la tribune de l'orateur. Le député du Parti des régions, Oleh Tsariov, a défendu les lois en affirmant qu'elles empêcheraient une nouvelle escalade de la récente crise politique, tandis que l'opposition ukrainienne a averti que les nouvelles restrictions enflammeraient davantage le mouvement de protestation. Vitali Klitschko, chef du parti Oudar, a condamné ces projets de loi, les qualifiant de coup d'État.
Plusieurs pays de l'UE et les États-Unis ont exprimé leurs profondes inquiétudes concernant le nouveau projet de loi et ont exhorté l'Ukraine à l'abandonner. Le commissaire européen à l'élargissement, Stefan Fule, a affirmé que cette récente décision du gouvernement ukrainien contredisait les aspirations européennes du pays ainsi que son engagement envers l'accord d'association UE-Ukraine. Les médias ukrainiens non contrôlés par l’État ont affirmé que les nouvelles lois limiteraient les libertés démocratiques et placeraient l’Ukraine sur la voie d’une dictature. Le mouvement de protestation a diminué le mois dernier, mais on s'attend à ce qu'une nouvelle vague de protestations reprenne à partir du week-end dernier.
Autres développements
Le 16 janvier, la police tchèque a découvert une seconde bombe à l'ambassade de Palestine à Prague. Le 1er janvier, l'ambassadeur palestinien a été tué par l'explosion d'un coffre-fort piégé. Suite à ce décès, le ministère tchèque des Affaires étrangères a accusé les Palestiniens de violation de leurs obligations internationales, après la découverte par les forces de sécurité de douze armes illégales dans la résidence. Les Palestiniens ont présenté leurs excuses et affirment avoir reçu ces armes en cadeau de l'ancienne Tchécoslovaquie. La police tchèque poursuit ses investigations afin de déterminer si ces armes ont été utilisées.
Le 18 janvier, des agents antiterroristes russes ont encerclé une maison au Daghestan et abattu sept personnes soupçonnées d'être impliquées dans l'attentat terroriste du 17 janvier. Des militants avaient lancé une grenade contre un restaurant et déclenché une bombe à l'arrivée de la police. On ignore si les suspects étaient des criminels ou des militants islamistes. La Russie a renforcé ses opérations de sécurité dans la région en prévision des Jeux olympiques de Sotchi, qui se déroulent le mois suivant à proximité du Daghestan, et suite aux deux attentats terroristes perpétrés à Volgograd en décembre 2013, que le gouvernement russe attribue à des militants.
Selon les médias allemands, le gouvernement allemand mène les négociations avec les autres États membres de l'UE en vue d'un accord européen de lutte contre l'espionnage. Ces discussions, qui durent depuis plusieurs mois, portent notamment sur l'interdiction de l'espionnage politique et économique des alliés, le refus de la transmission des données des citoyens lorsque leur législation nationale l'interdit, et la limitation des activités de surveillance à la lutte contre le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Sur le radar
- Le nouveau Premier ministre tchèque Jiří Rusnok effectuera sa première visite en Slovaquie à la fin du mois.
- La chef des relations extérieures de l'UE, Catherine Ashton, participera aux pourparlers de paix de Genève II sur la Syrie à Montreux, en Suisse, le 22 janvier.
- Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan se rendra à Bruxelles pour la première fois depuis trois ans sur 21 Janvier.
- OLe 22 janvier, la Commission européenne dévoilera de nouveaux objectifs de réduction des émissions de CO2 d'ici 2030.
- De violentes manifestations sont possibles en Irlande du Nord le 30 janvier, date anniversaire de la fusillade du Bloody Sunday de 1972 à Londonderry.
Moyen-Orient
Les Égyptiens votent au premier tour depuis que l'armée a destitué Mohammed Morsi du pouvoir
Les 14 et 15 janvier, les Egyptiens ont voté en faveur d'une nouvelle constitution rédigée par le gouvernement intérimaire soutenu par l'armée. Ce référendum est le premier scrutin public organisé dans le pays depuis que l'armée a destitué l'ancien président élu Mohammed Morsi en juillet 2013. La nouvelle constitution remplacera celle rédigée par le gouvernement de Morsi en 2012. Selon certaines informations, au moins 11 personnes auraient été tuées dans des affrontements. dans tout le pays le 14 janvier.
Les premiers chiffres de participation ont été estimés à environ 38 %, soit plus que les 33 % qui ont voté lors d'un référendum sous le gouvernement Morsi en 2012. Des chiffres non officiels estiment que 97 % ont voté en faveur de la nouvelle constitution, qui renforcera encore l'influence de l'armée, la police et la justice. De plus, le oui massif sera traité par le gouvernement intérimaire comme un vote de confiance dans la direction prise par le pays depuis le coup d’État militaire de 2013. Cependant, les groupes islamistes, notamment les partisans des Frères musulmans, ont presque tous boycotté le référendum. pour protester contre la destitution de Morsi et la répression qui a suivi contre les manifestants antigouvernementaux. En outre, le gouvernement intérimaire a été accusé d’avoir réprimé la campagne du non et d’avoir organisé le référendum dans un contexte de peur.
À l'approche du référendum, le général Abdel Fattah al-Sissi a laissé entendre qu'un fort oui et une participation importante seraient considérés comme un mandat pour se présenter à la présidence plus tard cette année. Les résultats donnent à al-Sissi le soutien qu’il recherchait. La nouvelle constitution, rédigée par un groupe de laïcs, supprimera certaines clauses à tendance islamiste introduites sous Morsi. Les tensions entre les forces de sécurité et les partisans des Frères musulmans, exclus, devraient rester vives.
Autres développements
L'État islamique d'Irak et du Levant (EIIL) a repris le contrôle de la ville syrienne d'ar-Raqqa le 14 janvier. Le nord de la Syrie est en proie à un conflit entre plusieurs milices aux idéologies divergentes. L'EIIL avait été chassé d'ar-Raqqa la semaine précédente par une coalition de groupes antigouvernementaux, mais en a repris le contrôle après plusieurs jours de combats. Raqqa est la seule capitale provinciale à échapper au contrôle du gouvernement, et les affrontements qui ont suivi entre l'EIIL et d'autres groupes antigouvernementaux témoignent du manque de stabilité et d'autorité qui règne dans le nord de la Syrie. Le 15 janvier, l'EIIL était soupçonné d'avoir fait exploser une voiture piégée qui a tué au moins 26 personnes à Jarabulus, au nord d'Alep. L'EIIL est composé en grande partie de combattants étrangers et est accusé de commettre des atrocités contre les populations locales. Des affrontements entre factions rebelles devraient se poursuivre.
Deux diplomates allemands ont été la cible d'une attaque en Arabie saoudite le 13 janvier, lorsque des militants non identifiés ont ouvert le feu sur leur véhicule dans la ville d'Awamiya, à l'est du pays. Aucun blessé n'est à déplorer, mais leur véhicule a pris feu. La ville d'Awamiya est située dans le district de Qatif, une zone qui est au cœur des troubles civils qui secouent le pays depuis 2011. La population chiite manifeste contre la répression qu'elle perçoit comme étant exercée par l'État saoudien, à majorité sunnite.
Le 14 janvier, la police antiterroriste turque a perquisitionné les bureaux d'une organisation humanitaire située près de la frontière syrienne. Le bureau de la Fondation d'aide humanitaire, basé à Kilis, achemine de l'aide vers la Syrie par-delà la frontière. Cependant, ses opérations sont accusées de fournir de l'aide à des groupes affiliés à Al-Qaïda. Les investigations se sont intensifiées depuis le 1er janvier, date à laquelle les forces de sécurité turques, postées à la frontière syrienne, ont intercepté un camion chargé d'armes et de munitions, soupçonné d'opérer pour le compte de la fondation. La montée en puissance des groupes armés affiliés à Al-Qaïda dans le nord de la Syrie a alimenté les accusations selon lesquelles la Turquie soutiendrait des groupes islamistes radicaux, accusations que le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a démenties.
Sur le radar
- Un accord entre l'Iran et le P5+1, destiné à ouvrir la voie à une solution aux ambitions nucléaires de Téhéran, débutera le 20 janvier.
- Les pourparlers de Genève II visant à mettre fin à la guerre civile syrienne devraient débuter le 22 janvier. On ne sait toujours pas quels groupes d’opposition seront présents.
- Les hauts délégués du Pakistan doivent arriver aux États-Unis le 27 janvier pour discuter de la future coopération bilatérale.
- Les États-Unis ont annoncé qu'ils livreraient bientôt une nouvelle livraison d'armes légères et de munitions à l'Irak. alors que le pays combat les groupes affiliés à Al-Qaïda pour reprendre le contrôle de la province d'Anbar.
- Des manifestations sont probables dans tout le Yémen le 11 février, qui marque l'anniversaire du soulèvement civil de 2011.
Régions polaires
La nouvelle stratégie de l'US Navy pour l'Arctique appelle à davantage de brise-glaces
Dans un document stratégique non encore publié, dont une version préliminaire a été transmise aux journalistes du Wall Street Journal le 12 janvier, des responsables de la marine américaine ont préconisé la construction de davantage de navires adaptés à l'Arctique, notamment des brise-glaces. Selon le quotidien, cette nouvelle stratégie navale indique que le recul rapide de la banquise estivale en Arctique entraînera une augmentation du trafic commercial, de l'exploration pétrolière et gazière et du tourisme, ce qui, à son tour, créera de nouveaux besoins dans l'Arctique. Le journal affirme que la marine américaine n'est pas préparée à relever ces défis, car elle manque d'expérience opérationnelle, de navires correctement équipés pour les conditions climatiques extrêmes et d'une couverture satellitaire suffisante. Ce document stratégique fait suite à la publication de deux documents de politique générale majeurs en 2013 : la Stratégie nationale pour la région arctique du président Barack Obama, en mai , et la Stratégie arctique du secrétaire à la Défense Chuck Hagel , publiée en novembre. Les auteurs de ces deux documents étaient parfaitement conscients des importantes coupes budgétaires prévues dans les dépenses de défense américaines pour les années à venir et se sont abstenus de formuler des demandes d'acquisition concrètes. À l'inverse, les responsables de la marine américaine interrogés par le Wall Street Journal sont clairs sur les besoins et les coûts. Leur priorité absolue en matière d'acquisitions est la construction de dix nouveaux brise-glaces, pour un coût estimé à 784 millions de dollars par navire.
Si le président et le secrétaire à la Défense sont sérieux quant à leur engagement à accroître l’activité militaire et commerciale américaine dans l’Arctique, il ne fait aucun doute que ces brise-glaces devront être construits. La Garde côtière américaine surveille déjà le trafic commercial qui est en hausse de 26 % depuis 2011, une augmentation qu’elle affirme être terriblement sous-équipée pour protéger. Les brise-glaces sont essentiels non seulement pour ouvrir de nouvelles voies maritimes, mais également pour fournir des services tels que les opérations de recherche et de sauvetage et pour protéger le trafic commercial contre une piraterie potentielle. Mais les garde-côtes américains ne disposent actuellement que de deux brise-glaces dans leur flotte, le plus grand d'entre eux étant le puissant et ancien Polar Star, mis en service il y a près de 40 ans en 1976. En revanche, le Canada possède trois fois plus de brise-glaces, et la flotte russe compte 25 brise-glaces. , dont six sont à énergie nucléaire.
Avec 31 milliards de dollars de réductions de dépenses à réaliser cette année, et 42 milliards de dollars supplémentaires l'année prochaine, la marine américaine aura du mal à convaincre le Congrès d'allouer les fonds nécessaires. Pendant ce temps, le gouvernement russe dispose déjà de 77 milliards de roubles (2.3 milliards de dollars) destinés à la construction de deux nouveaux brise-glaces géants propulsés par deux réacteurs nucléaires. Les brise-glaces étant un préalable indispensable à toute expansion dans l’Arctique, les États-Unis apparaissent loin derrière dans la course au contrôle de la région. Néanmoins, la question de savoir si une telle course est réellement nécessaire reste indécise. Jusqu’à présent, les États de l’Arctique ont travaillé en étroite collaboration pour assurer mutuellement leur sécurité et leurs capacités de recherche et de sauvetage dans le Grand Nord. Même si la pression exercée sur l’un de ces États pour qu’il agisse unilatéralement puisse augmenter si la région arctique exploite ses richesses apparentes, il n’y a pour l’instant aucune raison de douter sérieusement que la coopération arctique puisse se poursuivre à long terme. La marine américaine devrait publier officiellement son document de stratégie pour l'Arctique dans les deux prochaines semaines.
Autres développements
Les États-Unis et la Russie élaborent une réglementation volontaire pour gérer l'augmentation du trafic dans le détroit de Béring. Aucun pays ne possède les eaux du détroit de Béring et aucune loi internationale ne régit la circulation des véhicules dans ce passage. Avec la fonte des glaces et l'intensification du trafic, cette absence de réglementation crée des conditions dangereuses pour la navigation. L'amiral Thomas Ostebo, des garde-côtes américains, affirme que ce risque croissant est sa principale préoccupation pour l'Arctique, comparant le détroit de Béring au canal de Panama. Ce système volontaire servirait de transition en attendant que l'Organisation internationale de la navigation (OIN) adopte une législation régissant le détroit, un processus qui devrait prendre de nombreuses années. L'amiral Ostebo précise que les États-Unis parrainent cette loi et sollicitent le soutien de la Russie pour accélérer son adoption.
Le syndicat des officiers finlandais soutient l'adhésion à l'OTAN, selon un sondage réalisé en novembre et décembre 2013 et publié par Radio Canada International le 15 janvier. « Près de 80 % des officiers estiment que nous ne disposons pas d'une force de défense indépendante et crédible », déclare Hannu Sipilä, secrétaire général du syndicat. 51 % des personnes interrogées concluent que l'adhésion à l'OTAN est essentielle pour combler ce déficit capacitaire. Le sondage révèle un soutien à l'OTAN beaucoup plus élevé parmi les hauts gradés des forces armées finlandaises. En 2013, les États-Unis et la Russie sont intervenus dans le débat en Suède et en Finlande quant à l'opportunité de déposer une demande d'adhésion à l'OTAN. Tandis que James Townsend, responsable américain du département de la Défense, affirmait que « la porte est ouverte » à une adhésion finlandaise, le chef d'état-major russe, Nikolaï Makarov, menaçait de graves conséquences politiques et commerciales pour les voisins scandinaves de la Russie.
Alors que des forages en Arctique sont prévus pour 2014, le nouveau PDG de Shell, Ben van Beurden, a lancé un avertissement sur résultats surprenant, indiquant que les chiffres du géant pétrolier pour le quatrième trimestre devraient être « nettement inférieurs aux niveaux de rentabilité récents » en raison d'une « conjoncture sectorielle défavorable ». Greenpeace a profité de cette annonce pour critiquer les ambitions arctiques de l'entreprise. Le fait que le cours de l'action Shell continue de stagner malgré la promesse d'investissements massifs en Arctique faite fin 2013 pourrait remettre en question l'idée largement répandue selon laquelle le succès des grandes compagnies pétrolières sur les marchés boursiers internationaux est largement déterminé par leur capacité à démontrer des investissements dans l'augmentation des capacités de production, même lorsque la qualité de ces investissements est douteuse. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait avoir un impact majeur sur la viabilité financière des futurs projets de forage dans les eaux arctiques.
Sur le radar
- Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Børge Brende, se rendra à Moscou le 20 janvier pour s'entretenir avec son homologue russe Sergueï Lavrov. Le principal point à l'ordre du jour devrait être l'interdiction par la Russie des importations de poisson norvégien, entrée en vigueur le 1er janvier après une annonce surprise fin décembre 2013.
- Des universitaires du monde entier se réuniront à Tromsø, en Norvège, les 20 et 21 janvier pour discuter des recommandations politiques pour les États de l'Arctique sous le titre « Frontières arctiques : les humains dans l'Arctique ».
Analystes : Laura Hartmann, Tancrède Feuillade, Gary Chan, Claudia Wagner, Daniel Taylor, Patrick Sewell et Chris Abbott.
Publié avec le soutien des renseignements de Bradburys Global Risk Partners, www.bradburys.co.uk.
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